• Ensemble ALLA PRIMA

    ENSEMBLE ALLA PRIMA

     Ensemble ALLA PRIMA

     

    Redécouvrir la musique française au tournant du XIXe au XXe siècle

     

    Le répertoire de l'Ensemble Alla Prima offre une place de choix à la musique française de la fin du XIXe siècle et du début XXe, trop rarement jouée en regard de sa qualité.

     

    Si l'on veut comprendre le renouveau de la musique française de la fin du XIXe siècle et le développement de sa musique de chambre, on ne peut ignorer l'existence à cette époque de la Société Nationale de Musique (SNM), fondée en 1871 par Romain Bussine et Camille Saint-Saëns. Dans l'esprit nationaliste de rivaliser avec la richesse du répertoire allemand, le but de sa création était de défendre et développer l'art musical français. « Plaque tournante de l'avant-garde dans le milieu musical parisien », elle a favorisé la communication entre les compositeurs, les pratiques des interprètes et du public. En effet, son fonctionnement était sous la forme d'auditions, sur invitation, dans lesquelles les œuvres des membres de la Société étaient jouées, souvent grâce à la participation bénévole des compositeurs eux-mêmes ! César Franck, Jules Massenet, Gabriel Fauré (1845-1924), Théodore Dubois (1837-1924), Alexis de Castillon (1838-1873), Henri Duparc (1848-1933) adhèrent au mouvement sans nécessairement renoncer à leur enseignement au Conservatoire.

    Parmi ces noms, César Franck occupe une place particulière par son rayonnement au poste de professeur d'orgue au Conservatoire, où sa bienveillance et ses talents d'improvisateur à l'orgue auront une grande influence sur toute la génération des Ropartz, Pierné, Lekeu, Chausson, Duparc...

    Or malgré la volonté politique de s'en démarquer, l'esthétique de la musique de Franck, et de tous ses « élèves », est très influencée par l’ultra-romantisme chromatique de Wagner, dont l'hégémonie musicale est évidente à cette époque en France.

    En 1910, Gabriel Fauré (1845-1924), Charles Koechlin (1867-1950), Florent Schmitt (1870-1958) et Maurice Ravel (1875-1937), sur le même principe mais dans un esprit d'ouverture plus grand, créent la dissidente Société de Musique indépendante (SMI), bientôt rejoints par Albert Roussel (1869-1937), Louis Aubert (1877-1968) et André Caplet (1878-1925).  Très ouverts sur le monde extérieur, ils invitent quelques étrangers de marque, Bartok, De Falla, Honegger, Schönberg et Stravinsky à faire entendre leurs oeuvres, offrant à la capitale française un rayonnement qu'elle n'aura plus jamais par la suite.

    En outre, hors son activité à la SNM, Vincent d'Indy participe au projet de Charles Bordes et Alexandre Guilmant de créer un Conservatoire libre axé sur un retour de la musique d'église aux traditions grégorienne et palestrinienne ainsi qu'au renouvellement de la musique d'orgue. Il y donne les premiers cours de composition en 1896. Parmi les premiers « formés » de la Schola on peut citer :  Maurice Emmanuel (1862-1938), Albéric Magnard (1865-1914), Erik Satie (1866-1925), Georges Martin Witkowski (1867-1943), Albert Roussel (1869-1937), René de Castéra (1873-1955), Antoine Mariotte (1875-1944), Gustave Samazeuilh (1877-1967), Paul le Flem (1881-1984), Edgar Varèse (1883-1965), Georges Migot (1891-1976), mais aussi les Belges Guillaume Lekeu (1870-1894) ou Joseph Jongen (1873-1953)...

    Les couleurs modales de la musique médiévale, ainsi revisitée au XIXe siècle, imprègnent toute  cette  « école » de compositeurs, en irisant l’harmonie et la polyphonie de leurs oeuvres.

    Enfin citons le statut particulier de Jean Cras, unique élève de Duparc (lui-même élève de Franck), pour qui l'influence de la mer est si prégnante : il a écrit la majeure partie de sa musique sur le bateau dont il était capitaine, où il avait fait apporter un piano.

    L'apport de la modalité, issue des recherches musicologiques et de la musique populaire, associé à la fascination des compositeurs de cette période pour Wagner et la tonalité élargie qui caractérise son écriture, sont à l’origine de la saveur si particulière, surannée et tellement « imagée » qu'elle sera souvent qualifiée d' « impressionniste », de la musique française.

     

     

    Les musiciennes

     

    Le chemin musical de Nathalie Cornevin, harpiste, a pris différents visages à l'issue de ses études au conservatoire national supérieur de musique de Lyon et à la Hochschule de Francfort sur le Main. En musique de chambre, elle fonde Bergamasque avec la violoniste Anne-Cécile Brielles, un ensemble dédié à la musique française et à la création. Très investie dans l'interprétation de la musique d'aujourd'hui, elle joue au sein d'ensembles comme le Klangforum (Vienne) ou l'ensemble Atmusica (Tours), et collabore avec des compositeurs comme Vincent Carinola ou Karl Naegelen. Membre de la compagnie Adroite Gauche (Bourg Saint Andéol), Nathalie joue aux côtés de la danseuse Isabelle Quinette et du flûtiste Chris Hayward dans deux spectacles tous publics mis en scène par Alain Reynaud (Les 'Nouveaux Nez): Plume et Paille ainsi que Petouchok.

    Nathalie enseigne la harpe au conservatoire de Montélimar.

     

    Loréline Champ étudie la flûte traversière au CRR de Lyon dans la classe de Michel Lavignolle, puis au CNSMD de Paris dans la classe de Pierre-Yves Artaud et Florence Souchard-Delépine, dont elle sort en 2009 avec un Diplôme de Formation Supérieure. Sa recherche d’authenticité et son attrait pour la musique ancienne l’amènent à préparer un Master en flûte baroque au CNSMD de Lyon. Elle est régulièrement invitée par des orchestres tels que l’Orchestre National de Lyon, l’Orchestre des Pays de la Loire, ou encore l’Orchestre Ose. Titulaire du DE de flûte traversière, elle enseigne actuellement au CRR de Lyon.

     

    Juliette Boirayon étudie le violon au CRR de Lyon dans la classe de Nathalie Geoffray, au conservatoire de Rotterdam avec Natasha Morozova, Jean-Jacques Kantorow et Gordan Nikolic, puis au CNSMD de Lyon avec Vladimir Nemtanu et Kazimierz Olechowski. Elle y obtient les Master d’interprétation et de pédagogie (CA). Titulaire du DEM de musique ancienne, elle a suivi les cours de violon baroque de Simon Heyerick. Elle enseigne au conservatoire de Villefranche-sur-Saône, et se produit au sein de divers ensembles, baroques et classiques : L'Entretien des Muses, l’orchestre de chambre Sylf, les orchestres d’opéras de Lyon et de Saint-Etienne, l’orchestre Ose et l’Orchestre des Pays de Savoie.

     

    Aurélie Métivier débute l'alto auprès de Dominique Richard à l'ENM d'Aulnay-sous-Bois puis suit les conseils de Bruno Pasquier au CNR de Paris, parallèlement à une Licence de Musicologie à Paris IV-Sorbonne. Poursuivant ses études au CNSMD de Lyon, elle y obtient un Master d'interprétation dans la classe de Jean-Philippe Vasseur. Sensibilisée à la recherche historique grâce à la formation supérieure de Saintes, elle est également titulaire du Master de musique ancienne de la HEM de Genève. Membre et invitée de divers ensembles d'esthétiques et formations variées, allant du trio à l'orchestre de chambre, des ensembles de musique ancienne aux orchestres symphoniques, entre créations contemporaines et musiques actuelles..., elle a eu l'occasion de jouer sous la baguette de Philippe Herreweghe, Hervé Niquet, Christophe Rousset, Marc Minkowsky, Daniel Kawka... Titulaire du CA d’alto, elle enseigne au conservatoire de Rive- de-Gier.

     

    Formée par Michel Strauss puis Yvan Chiffoleau au CNSMD de Lyon, Lise Péchenart est une violoncelliste et musicienne de chambre éclectique, en duo (Vaslav, Albaicin), trio (invitée par le duo Bergamasque), ou encore quintette (Ensemble Alla Prima, Alta Bassa). Créatrice de plusieurs œuvres (de Matthieu Lemennicier et Guilhem Meier), elle élabore en outre des spectacles avec d'autres arts comme la danse. Grande amatrice de l'enseignement, elle est titulaire du Certificat d'Aptitude de violoncelle et enseigne au conservatoire d'Ardèche.

     

     

     

     

    Sources : texte et photographies : Ensemble ALLA PRIMA